16/09/2008

Je m'appele Bruxelles

De deux choses l’une, soit je suis dingue, soit c’est le monde qui l’est . Tout? Non, juste une micro parcelle de territoire mondial qui résiste encore et toujours à la raison.

 Est on d’un pays parce qu’on est né sur son sol?On peut très bien y passer toute sa vie sans rien y comprendre.

Qu’est ce qui définit vraiment un pays? Une histoire? Une communauté d’idée? Une loi?

Des questions auxquelles je n’ai pas de réponses.

 Alors je ne peux que constater que ce pays dans lequel j’ai grandi est un schizophrène. Une sorte d’hybride mal dégrossi, qui hésite entre se couper un membre pour avancer, ou le soigner. La gangrène est là: nationalisme , extrémisme de part et d’autre.

A ma droite nous avons les flamands, majoritaires, taux de chomage faible, caricaturés ” les bons travailleurs”.

A ma gauche, les wallons , taux de chomage élévé, caricaturés ” les paresseux qui picolent.”

Et au milieu, moi , Bruxelles. Ville cosmopolite, en territoire flammand, et pourtant à majorité francophone. Sans cesse tiraillée entre potée à la liègeoise et waterzooi. Une terre de déchirements, un foyer de dissenssions.

Tant et si bien que dans ma périphérie, des bourgmestres flammands interdisent à leurs administrés commerçants francophones de s’adresser à leurs clients francophones autrement qu’en flammand. Vlaams eerst. Une abération?  Et pourtant!

Elle tourne, ma Belgique. Elle continue à avoir des idées à défaut de gouvernement. Depuis un an, nous sommes en intérim. Y aura t il reconduction de contrat? Rien n’est moins sûr.

Personne ne veut céder, ni concéder.

Et je m’interroge. Qu’adviendra t il de moi? de Nous?

Si la Flandre devient une nation indépendante, si la Wallonie est rattachée à la France… Moi, qu’est ce que je vais devenir? Peut on vivre sans coeur, sans tête?

Alors j’attends. Je ne peux faire que ça. Je souris de voir comme les symboles nationaux reviennent en force.

J’ai plaisir à voir les efforts des chercheurs de l’Institut de recherche d’Ath qui étudient la fritabilité des pommes de terre.  Une frite est préférée plus dorée chez nous, plus pâle chez nos voisins hexagonaux. Donc il faut choisir la bonne pomme de terre en conséquence. Au moins, on est d'accord sur la couleur des frites, flammand ou wallon...

J’aime à savoir qu’on a demandé le Classement au Patrimoine Mondial Immatériel de l’humanité du Boulet sauce lapin.

Parce que qu’on soit flammand, wallon, le boulet du dimanche soir, c’est encore un peu d’esprit fédérateur.

J’aime mon pays, j’aime son surréalisme. J’aime à penser qu’on trouvera une solution, si alambiquée soit elle.

Je suis belge.

J’en suis fière.

19:30 Écrit par sand dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : separatisme, belge je suis |  Facebook |