09/09/2008

Pourquoi j'ai mal au crâne, des fois...

n pourait dire que c’est parce que je réfléchis trop ( et qu’accessoirement je suis pas équipée pour…), c’est pas faux.J’ai un gros défaut: il faut toujours que je décode. ( que je déconne aussi, mais ça, c’est une autre histoire, Gérard B, si tu me lis…).

Je n’arrive pas à me contenter des réponses pourtant simples et claires qu’on me fournit. Faut toujours que j’aille plus loin…Que je cherche, que j’interprête. Un truc d’ado typique, mais qui m’est resté. Souvenez vous:

Vous avez 15 ans, du mascara violet, de l’acné, ( en fait tellement de boutons que vous ressemblez à un clafoutis, mais en moins appétissant) et un faible, que vous décrivez dans votre journal intime comme une passion, dévorante et brûlante pour le bellâtre de la classe. Appelons le Alex.

En classe de bio, vous vous appliquez sur votre cahier Clairefontaine violet à dessiner vos initiales sur fond de coeur enflammé, quand: Psssst, hé, toi, t’as une gomme?”

Votre coeur s’emballe. Vous pensez: oh mon dieu, oh mon dieu…” Oui, à ce stade, vous êtes incapable de penser. Mais plus tard, avec votre copine, vous débriefez. Pesez chaque mot.

-”toiil a dit, c’est un peu comme si quelque part, j’étais une sorte d’élue, non?

-Ou bien, c’est p’têt parce qu’il sait pas ton prénom.

- ”une gomme”… c’est un prétexte bidon, pour que je me retourne

-Ou alors il avait vraiment pas de gomme

-Il voulait peut être autre chose, il a pas osé me demander.

Bref, c’est comme ça qu’on se retrouve à envoyer sa copine ( notez la lacheté), parler de nous au bel Alex, et qu’on se rend compte que non seulement on s’est fait des films, mais qu’en plus, elle sort avec, maintenant, cette garce.

A l’âge adulte( c’est quoi au fait, vraiment l’âge adulte), on se dit qu’on est plus matures, que ça ne peut plus nous arriver. Et pourtant.

Quand on demande à Choupinet s’il aime le repas, et qu’il répond: c’est bon. On se demande:

  • s’il le pense vraiment
  • si c’est pas pour se débarasser de nous
  • s’il est juste poli
  • s’il nous aime encore
  • s’il veut pas nous quitter pour une  femme parfaite qui cuisinerait parfaitement la  blanquette de veau
  • s’ il ne veut pas dire: en fait, c’est meilleur chez ma mère

 

S’il nous dit,: au fait, t’as fait quoi, aujourd’hui?

On pense:

  • ça se voit pas?
  • Il croit que je glande, ou bien?
  • c’est quoi, ça, c’est l’inquisition?
  • j’ai une drôle de tête, s’il me demande ça, j’ai des cernes, je suis moche? oh, au secours, il veut me quitter?

 

Pour lui, c’était juste histoire de s’interresser à vous, et vous, ça vous a plongé dans la paranoia la plus complète.

Je vous parle même pas des je t’aime”, ” Moi aussi”

Des ” non chérie, pas ce soir, j’suis crevé”

Des ” j’ai pas envie d’en parler”

Pffffff…. Tout pourrait être si simple si on se posait moins de questions.

Ou pas, finalement?