24/09/2008

Haro sur les rondes

On dira de moi, pour être polie, voire carrément flagorneuse, que je suis plantureuse. Plus prosaiquement et objectivement, je suis grosse. Je n'en fait ni une fierté,ni un complexe. Ma prise de poids dépend à la fois de facteurs psy et endocriniens, bref c'est un problème complexe pour ceux qui veulent l'envisager comme tel.

Parce que pour moi, je vous rassure, tout de suite, tout va bien. Je me sens d'ailleurs paradoxalement mieux dans ma peau que quand je pesais cinquante kilos. Plus sûre de moi, plus féminine, plus drôle. Les changements de mon image corporelle ont coincidés avec un épanouissement psychologique, ce qui explique surement en grande partie, que pour moi, mes formes sont acceptées, avec le sourire.

Tout le monde n'envisage pas les choses aussi sereinement, et je comprends bien celles qui se battent, faisant régimes sur régimes, s'affamant, et s'offrant au final une image d'elle même chancelante. " Tu ne seras jamais assez mince, assez jolie".

Tout nous pousse à être mince. On nous bombarde de mannequins à la limite de l'anorexie ( faut il encore rappeler qu'il s'agit d'une maladie), de messages plus ou moins subliminaux qui nous font culpabiliser sur notre graisse, notre cellulite, nos kilos, comme autant de boulets à trainer et qui empecheraient toute vie sociale.

Mais le plus pernicieux de l'histoire, c'est les fameux "magasins de vetements pour femmes rondes".

" mais oui, ça existe, il taillent du 42 au 60 voire au delà, c'est génial ça, non?"

Ce qu'on oublie de nous mentionner, c'est que sur le catalague, les filles qui présentent ces fringues destinées aux rondes, elles font royal un 40, voire un 42, dans le meilleur des cas. Comment on peut se rendre compte réellement du tombé d'une veste, ou de l'allure rendue par une robe, sur une fille qui selon nos mensurations est considérée comme mince?

Je vous assure que c'est pas pareil du tout. On épargnerait bien des désillusions et des crises de larmes en cabines d'essayages si l'on employait des mannequins dont les formes correspondraient à ces fringues là.

Je ne suis pas une férue de mode, je n'épluche pas les dernières tendances, mais je revendique juste le droit d'être féminine, ( et oserais je sexy) avec des habits qui me vont, et dont je peux me faire une opinion juste.

Pourquoi est ce que la minceur nous poursuit partout? Ne serait ce pas un peu hypocrite de nous faire miroiter la chance qui nous est donnée de bénéficier de lignes spéciales rondes, mais à travers le prisme de filles qui ne nous réprésentent guère?

Je vous laisse méditer....

14:37 Écrit par sand dans me, myself and i | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : coup de gueule, ronde |  Facebook |

29/07/2008

Pourquoi je suis une vieille rombière...

Et oui, c’est officiel, je suis maintenant une vieille, décatie, usée par les ans, out, dépassée, hors sujet…. En tous cas, c’est une impression qui se densifie au fur et à mesure, qui prends corps et me renvoie à mon miroir.

Bon, comme ça, ça ne se voit pas trop, dieu merci, les ravages physiques du temps n’ont pas encore ( trop ) fait leur oeuvre, mais il y a comme un hic ( pour paraphraser une célèbre chanteuse à texte) quand même. Des petites choses qui me font penser que j’ai définitivement traversé la barrière : certes la mode tecktonik m’est complètement passée au dessus du mulet, passons. Les mangas n’ont pas eu d’effet sur moi, et je n’y comprends absolument rien d’ailleurs, je m’en fous.

Mais ce qui me choque le plus, c’est la musique. Oh, pas la musique en soi mais bien le rapport que l’on peut entretenir avec elle.

Pour moi, ça a toujours tenu d’une sorte de rapport amoureux. D’abord, on se laisse charmer par l’objet, le CD, on le touche, le prend en main, on le soupèse , on l’examine. Va t il répondre à nos attentes ? Parfois, la magie est là à la première écoute, ensorcelante, fusionnelle et c’est le bonheur. Quelquefois, elle ne se laisse pas apprivoiser ainsi, il lui faut du temps, de la patience et puis, enfin,elle se livre, entière, puissante, fascinante. Certains albums que j’adore ont mis du temps à s’insinuer en moi, mais maintenant leur joug est si puissant que j’aurai du mal à m’en défaire. et c’est bien là une partie du problème.

D’abord, un album s’écoute en entier, dans sa globalité et c’est ainsi que l’on peut se faire une vraie idée de la démarche musicale du chanteur ou du groupe. A mon sens, c’est seulement après que l’on peut juger du j’aime- j’aime pas. Et apparemment, c’est de moins en moins le cas. J’ai entendu à la radio qu’une étude récente démontrait que sur internet, on écoute en moyenne un morceau 20 sec, guère plus à la radio. Puis on zappe, à la recherche d’autres sons, d’autres émotions…

Sachant cela, n’est il pas aisé de comprendre à quel point la musique pourrait devenir formatée, easy listening, et surtout très accrocheuse dès le début. un ” Bohemian rhapsody” aurait il sa place dans ce monde là ? La musique et le sexe, même combat, speed dating pour tout le monde et malheur à celui qui tente une séduction plus subtile.

J’aime profondément la musique, intrinsèquement, chez moi, elle est un besoin absolu et viscéral… Je ne comprendrai jamais qu’on puisse la réduire à cette consumérisation, préférant le gros son commercial et rentre dedans, un peu comme certains “vins de pute”, éclatants d’arômes, qui vous pètent au nez et qui mettent ko tous les autres mais dont il est impossible de boire plus d’une gorgée.

Alors voilà, je suis peut-être en dehors du train, je suis restée sur le bas côté et alors ?

Vieille rombière je suis , vieille rombière je resterai…
Sur ce, je vais aller tranquillement finir d’aller écouter “ok computer”, parce qu’il y a des moments musicaux qui valent la peine de se taire et d’é.c.o.u.t.e.r !!!

13:10 Écrit par sand dans Musique | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : musique, humour, coup de gueule |  Facebook |