05/10/2008

Je vole... sans fumée , sans alcool, je vole

Dans la série des trucs qui pourraient me gâcher les vacances, y a l'avion. Enfin, entendons nous bien, pas l'entiereté des vacances, mais au moins quelques heures, et ça, c'est déjà beaucoup trop.

Parce que, bon, les avions, ils m'ont jamais rien fait, mais j'aime pas ça. J'ai peur.

Une grande fille comme moi? Ben voui. Et c'est l'horreur. J'ai beau faire, j'arrive pas à relativiser.

Tout commence quelques heures avant le décollage. L'angoisse commence à faire de drôles de noeuds dans mon ventre, je me mets à ricaner pour rien ( signe chez moi d'une nervosité paroxytique). Alors j'essaie le " think positive" , ( la positive attituuuude, en français), ça marche pas trop sur moi, et carrément moyen sur mon entourage. Je sais pas pourquoi,ce qu'il m'a pris quand  j'ai cru bon d'ajouter après le dernier repas au resto avant le retour, qui était excellent:

" au moins, si c'est le dernier, c'était super.Pas de regrets".

Je n'ai eu droit qu'à un regard mi interrogateur, mi inquièt pour ma santé mentale.Quoi.? J'étais positive, non? 

Le pire moment pour moi? En fait, je sais pas vraiment en isoler un, tellement toutes les étapes me terrorisent. Déjà qu'on commence très fort, avec les hotesses et/ ou stewards, souriants, détendus, qui vous expliquent sans sourciller ce qu'il faut faire en cas de depressurisation, crash ( dans l'eau ou sur terre, faut rien oublier!)..Vient le moment du fameux gilet de sauvetage. Vous croyez franchement qu'il va vous servir à quelque chose ? Oui, il va servir, mais plutôt aux équipes de reconnaissances des corps, ça garde les  morceaux ensemble! Admettons que vous arriviez entier au sol,ou plutôt dans l'eau. Vous pouvez pas le gonfler à l'intérieur. Faut attendre dehors. J'imagine très bien...Ca me stresse comme c'est pas possible toutes ces explications.

C'est comme si avant de traverser la rue, vous aviez un type qui se plante devant vous, vous expliquant les dangers potentiels de ladite action... Vous auriez encore envie de traverser, vous? Moi non?

Et pourtant, plus moyen de reculer. Alors, j'attache ma ceinture, qui me semble un ridicule moyen de protection, mais bon... faut que je me raccroche à quelque chose.Donc, je serre bien, je vérifie trois fois que c'est bien fermé. J'essaie deme détendre. Je vérifie qu'on n'a pas changé les issues de secours en douce. ( Oui, je sais ça sert à rien, mais je le fais quand même, te moque pas !).

Soudain, l'avion accélère, l'avant se soulève. Trop tard, je suis dedans. Plus moyen de se tailler en douce. Une part de moi, celle qui a encore sept ans, s'émerveille des minis maisons, des mini champs de blés, des mini routes, oh tiens, une piscine... de survoler la mer de nuages, cotonneux, jolis, immaculés. Mais mon autre moi, celui qui est adulte, ne peut s'empêcher de penser que si l'avion tombe, il va pas être amorti par cette ouate flottante, il va juste s'écraser comme une merde, et moi avec. C'est vrai quoi, si on tombe, c'est pas deux trois mètres qu'on a sous les pieds. D'ailleurs on n'a rien sous les pieds. Aaaaaargh!

J'essaye de me raisonner.

 " bon, sur les millions de gens qui prennent l'avion, y en a combien qui meurent? Objectivement pas beaucoup. cette compagnie transporte 58 millions de passagers. Combien sont morts? J'ai déjà entendu parler d'un avion de cette compagnie qui s'écrase? Non? Alors, ça pourrait bien être celui ci qui ferait la statistique. Bon bon bon, reprenons. L'hotesse, là, elle a quel âge? La trentaine presque? ( ouais , j'aime bien vieillir les hotesses), elle a déjà du faire un paquet de vol, et là, tu vois, elle est vivante, pas estropiée, rien. Jusqu'à quand?"

J'ai déjà tenté l'alcool. Un verre de vin ou deux, pour la détente. Raté, juste une grosse envie de vomir. Les somnifères me filent mal au crâne, les tranquillisants m'apaisent pas. Bref, j'ai pas encore la solution.

Résultat: j'ai pris l'avion deux fois cette semaine. Je suis vivante. Le seul dommage collatéral, c'est mes ongles. Y en a qui ont soufferts d'avoir été enfoncés trop profondéments dans les accoudoirs du siège à un des attérissages. Les turbulences!

D'ailleurs à propos de l'attérissage: le premier que j'attrape encore à applaudir dès qu'on touche le sol, je lui en colle une. On attend d'être à l'arrêt, complet, pour ça. Des avions qui se crashent au sol, parce qu'ils savent pas s'arrêter, ça s'est déjà vu...

09:48 Écrit par sand dans me, myself and i | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : avions, phobie |  Facebook |