28/09/2008

I hate musicals

J’adore le cinéma. J’adore la musique. Mais les deux ensemble, je peux vraiment pas. Avec la sortie de Mamma mia, je me sens mal. ( et dieu sait que j'adore Abba)Moi, j’ai juste envie de crier Stop ( the music).

Parmi les 10 commandements de la Comédie musicale, il y en a un d’absolument impératif : en avant la musique! Elle doit être partout présente,pour des chansons d’amour ,qui veulent nous démontrer la mélodie du bonheur. De toutes façons, on connait la chanson. Les héros swinguent, valsent, nous offrent un grand cabaret .

Et ça, ça m’agace. Je ne comprends pas que certains débordant d’une joie communicative et exaltée, aie envie de trainer leurs comparses dehors pour leur dire ” chantons sous la pluie”…Perso, j’ai pas trop envie de pousser des vocalises quand j’imagine mes jolieschaussures trempées, crottées… Parce que dans les films musicaux, les rues sont troujours impecc’. Manifestement, on ne fréquente pas les mêmes.

Les comédies musicales sont souvent d’une simplicité enfantine. Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil… Et puis un grand méchant survient, fiche un peu de bazar, ça crie, ça pleure, ça chante ( qui l’eut cru), puis finalement, tout est bien dans le meilleur des mondes.

Parmi les passages obligés, il nous faut de la donzelle, de la meuf:une  jolie fermière, une belle de Moscou , bref des girls,des demoiselles ( de Rochefort),  gigi,qu’importe qu’elles soient huit femmes, ou à l’instar de Mary Poppins, une qui en  vaut plusieurs  et qui constitue une des composantes essentielles de l’histoire.

Malheureuse, seule ou pas,belles belles belles, peut être avec une drôle de frimousse, une fair lady a besoin d’un homme à ses côtés. Qu’il se prénomme Tommy, ou Oliver, qu’il soit Américain à Paris, Don juan ou pas,c’est avec lui qu’elle veut goûter à la fièvre du samedi soir.

Evidemment quelque soit les dangers rencontrés,autant en emporte le vent ,même aux tréfonds  de la terreur comme dans un rocky horror picture (show), s’il faut livrer des combats de gladiateurs, ou devenir un soldat rose,à la fin tout le monde dit i love you et s’embrasse, mais pas sur la bouche.Faudrait voir à sauvegarder son public familial !

On édulcore, on patine de musique, et si parfois elle est excellente,  teintée de  Blues ( brother), c’est irritant.

Imaginez, chéri et vous dans une situation banale. Vous lui demandez s’il compte passer à la boulangerie, et là: il vous chante les pains au chocolat…

Ou bien, rendez vous chez le psy, il vous parle, et puis d’un coup, sa sécretaire arrive, et en vous désignant: She’s a maniac, maniac…..

Au secours!

Parce que c’est souvent comme ça: on sait qu’il va y avoir de la musique, mais quand? Alors on attend, les ongles rentrant dans le cuir du fauteuil, crispés, prêts à fuir …

Les dialogues font juste office de remplissage, donc il ne faut pas s’attendre à de hauts échanges intellectuels, ou même à un peu d’humour ciselé.Et c’est peut être ça qui fait tout ce que je n’aime pas dans les comédies musicales: c’est entre chèvre et chou, entre deux mondes, qu’il s’agisse d’un coup de foudre à Bollywood ou à Xanadu.

On nage un peu en plein délire.Rien de vraisemblable, tout est surjoué, tout est amplifié. On vous dit” grease “pour maintenir un sourire artificiel et parfait durant le temps du Show.Puis les lumières s’éteignent. Les acteurs soignent leurs cordes vocales.

Vous avez passé deux heures scotchés devant ces héros , vous les avez écouté chanter, sans même plus savoir où vous habitiez…Le rideau se ferme.

Une petite voix dans votre tête chantonne doucement.

j’aurai voulu être un artiste, pour pouvoir faire mon numéro”

Par la sainte trinité Garland Astaire Rogers, ils m’ont eu…..