04/11/2008

Foire

La Foire d’ Octobre. Un incontournable. M’ y promener est le pèlerinage annuel, la chose à ne pas rater. Le début du froid, qui picote le nez et engourdit les doigts, l’odeur des trottoirs poussiéreux mouillés, une grosse écharpe en laine autour du cou. Les pieds qui trainent, les yeux qui ne savent plus où regarder.

Profusion de couleurs, de lumières, d’impressions, de visages, d’instants dans une vie. Un petit garçon qui rit aux éclats, un grand père et sa petite fille qui partagent comme un grand secret des croustillons. La poudre blanche du sucre qui macule les joues de la gamine et le manteau du grand père. Les manèges clignotants, tous plus étincelants les uns que les autres, plus bruyants.

Une variété infinie de son, de musique, où se mélangent sans se heurter ” Le sud” et un morceau tektonik, les cris des gosses, et le jappement d’un chien quémandant sa part , les envolées lyriques des forains qui tentent de vous attirer: ” Chez moi, on gagne toujours. ” ” Allez y tentez votre chance”.

J’avance au milieu de la foule. Je respire. Les effluves du manège des petits poneys, l’odeur des frites, la barbe à papa.

J’ai cinq ans. Je ne sais plus où donner de la tête, où poser mon regard, que choisir… Le galopant. Un mythe. Les jolis chevaux de bois, lustrés, magnifiques, les loupiotes qui lui donne un air féerique, la musique d’accordéon. Je tourne. Je suis un tourbillon.

J’ai cinq ans. Petite gourmandise. Tout me tente, les laquements, les churros, les raisins au chocolat, les cacahouètes enrobées, le nougat. Hum! Puis elle est là, sublime, brillante, rouge à souhait. Mon petit faible avoué. La pomme d’Amour. Je croque et mes papilles se saturent de sucre, le caramel colle aux dents, puis l’acidité de la pomme dessous. Le contraste entre les textures, les saveurs.

J’ai cinq ans et mon cœur se décroche sur les manèges à sensation. Je crie : Plus vite! Le vent cingle mon visage, j’ai les joues en feu. Je ris. Sans pouvoir me retenir. C’est si agréable.

J’ai vingt sept ans. Rien n’a changé. Sauf que la petite menotte, c’est moi qui la tiens.

13:25 Écrit par sand dans me, myself and i | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : enfance, pomme d amour |  Facebook |

26/10/2008

Ecrire

Ecrire. Toujours. Peu importe le lieu, l'heure, le support. Ecrire est un besoin, une nécessité. Coucher sur les papier des mots, les aligner, y mettre du sens, une manière de m'approprier le temps, de le ralentir, de retenir des émotions fugaces,de les voir se matérialiser sur papier ou sur un écran d'ordinateur. C'est devenu addictif, au point que je n'arrive plus à m'en passer. Ce désir impérieux de prendre la plume, ou de caresser le clavier, petit à petit s'est imposé à moi. Et tous les jours, j'y souscris. Tous les jours, je m'y attelle. Tous les jours j'y prends plaisir. Tous les jours, les émotions sortent du bout de mes doigts, comme autant de larmes que mes yeux ne feront pas couler.

Bien entendu, selon les moments, les instants passés en compagnie de mes mots sont douloureux quand il me renvoient à mes propres expériences, ludiques quand il ne s'agit que d'amuser la galerie, ou du moins que je voudrais qu'il ne s'agisse que de ça, et pas d'une défilade pour cacher mon vrai moi.

Car j'ai beau écrire, encore et toujours, je me cache malgré tout un peu. Que ce soit derrière de l'humour, ou des sentiments déguisés, des anecdotes ou de la fiction, si un peu de moi transparait, c'est juste parce qu'il le faut bien, parce que sinon, mes textes ne seraient pas vivants, pas vrais.

J'allonge les minutes, je prolonge à l'envi des instants . Écrire est ma seule arme pour les retenir. C'est devenu d'une certaine façon un acte de terrorisme envers mes sentiments. A la fois, les vider de leur contenu, les désosser, ronger jusqu'à leur carcasse, et les analyser, pour ce qu'ils sont, pour ce qu'ils m'apportent, pour ce que voudrais qu'ils ne soient pas là, parfois.

Écrire, quelque part, c'est accepter de se sentir faible, et se débattre de toutes ses forces pour ne pas se noyer...C'est investiguer une part de soi qui reste inconnue aux autres, c'est aussi savoir travestir son impudeur,  se révéler tout en restant dans l'ombre, accepter que la lumière entre, mais pas trop, par petites touches...

J'ai cessé d'écrire pendant environ cinq ans. Cinq longues années  de cris dans le silence, de retenue, de rébellion contre ces choses qui voulaient sortir de moi, malgré moi.

Maintenant, j'assume mes mots, et mes maux.

Pour tout ça.

Écrire.

17/10/2008

Humeur du jour

15/10/2008

Non, tu n'es pas malade....

Je sais pas ce qui se passe pour le moment, mais on voit fleurir de tous côtés un paquet d'articles tournant autour de la maternité et de ses affres (enfin, j'ai bien une théorie, mais bon... t'as deux heures à me consacrer, là tout de suite ? nan? on va faire sans alors...). Tout ce que je lis depuis, c'est des avertissements horribles et horrifiés, des mises en gardes contre les monstruosités de la grossesse et de l'accouchement.

Et là, les filles, j'ai envie de vous dire stop.

Parce que trop, c'est trop. Entre l'angélisme béat de la naissance merveilleuse et sans douleur, et le film gore à petit budget, il y a un monde. Un monde de nuances. Pourquoi faut il à ce point maintenant démonter une par une les monstruosités de la maternité? En réaction à un discours un peu trop lissé qu'on nous a présenté trop longtemps?

Et si la première cause de cette mise en scène, ce n'était pas les femmes, elles mêmes? Parce que vous aurez toutes remarqué. Une femme enceinte, même de trois semaines, du moment qu'elle a conscience de l'être, ça se voit. Tu ne peux pas faire autrement. Typiquement, les pointes de ses pieds se dirigent vers l'extérieur, sa main se pose sur son ventre, son bassin se pousse en avant, et elle souffle... Bah oui. Objectivement, elle n'a pas de raisons.

Mais on lui a toujours répété qu'une femme enceinte, c'est fragile et fatigué, bla bla. Alors comme c'est un rôle qu'elle ne devrait pas jouer trop souvent, elle s'applique. Il faut les rentabiliser ces neufs mois, il faut profiter. ( je sais, c'est paradoxal, mais une bonne femme enceinte doit avoir des nausées, être de mauvaise humeur, avoir mal au dos, aux pieds, des poussées d'hormones qui la rendent infernale, déprimée ou agressive et des envies subites).

Tu comprends, dans la tête de la femme enceinte, se passent de drôles de trucs. C'est un peu comme quand t'as ton premier amoureux. Tu voudrais que ça se voie sur ta figure que tu l'as embrassé (avec la langue). Mais tu te dis que si tu le cries sur tous les toits, ça fera pauvre fille. Alors tu te tais et t'espères qu'on remarque. Tu mets du gloss. Dans ton cas, le gloss sert à rien, mais un t-shirt à message ( genre" garçon ou fille") si. Alors tu le portes. A deux mois de grossesse.

Avec tes copines, celles qui ont déjà vécu l'expérience, tu papotes. Bien sûr, t'as un peu grossi. Tes vergetures, t'en avais déjà, donc ce n'est pas si grave. T'envisage moyen de t'enduire de sperme de caribou comme recommandé par cop n° 1, qui en est à son troisième moutard.

A 6 mois, t'es en pleine forme. Seulement voilà, tu n'oublie pas. On te plaint. Tu fais la petite chose fragile, c'est si bon d'être au centre de l'attention, de se faire dorloter. Pour peu que t'aies gardé un minimum d'activité physique, tu te sens bien. Exclu: t'es pas obligée de vivre dans un cocon ouaté, tu peux même bouger un peu (marche, piscine, etc.)... Ce n'est pas beau ça ?.

Puis un jour, tu perds les eaux. Et ça fait pas mal. Effectivement, après ça se gâte un peu. C'est clair qu'entre expulser un paquet d'environ trois kilos cinq cent d'entre tes cuisses, et une promenade au clair de lune, le choix est vite fait. Seulement, t'as pas le choix. Je te passe les détails, mais je vais te dire un truc. Ce qui souffrira le plus et s'en souviendra le plus longtemps, c'est ta pudeur.

Mais sur le coup, tu t'en fous un peu. Faut dire que t'as autre chose à penser. (et au passage, oubliez la respiration du  petit chien, c'est bon dans les films, pas dans la réalité). T'entends un truc qui hurle. T'aurai pas cru, mais là, c'est juste le plus beau son que t'aie  entendu. D'un coup, tu débordes d'amour (au point que t'en oublierai d'expulser ce fichu placenta...).

Puis tu rentres chez toi. Si t'as de la chance, accompagnée. Et tu réalise que c'est lui qui t'a aidée à l'avoir ce bout' chou. Dans tous les sens du terme. Et tu l'aimes.  Evidemment, tu ne peux pas tout de suite lui montrer. Mais t'es pas obligée de monter sur le grand huit tout de suite, partager une barbe à papa, c'est bien aussi.

Résumons donc: être enceinte, c'est pas une maladie. C'est juste un truc naturel et qui finit par passer, comme les crises d'ados. Un délicieux moment d'égocentrisme. Accoucher, bien sûr, c'est pas du tetris niveau easy. Mais c'est à la portée de tout individu de sexe féminin (ouais, la nature quand même, c'est quelque chose). Bien sûr, après c'est pas uber fun tout de suite, vu que tu as ce qu'on appele les suites de couche ( pertes abondantes, mais en gros c'est comme si t'étais réglée, un peu plus longtemps que d'hab.'). Mais c'est normal, vivable. Pour autant que tu ne te prennes pas le chou pendant 107 ans.

PS: Si t'as jamais eu de nausées, ni d'insomnies, ni mal au dos, ni d'envies idiotes, .... te tracasses pas. T'es enceinte quand même. Suffit d'attendre un peu, tu verras que j'ai raison.

rePS: spécial dédicace à Zan, qui sera une maman du tonnerre, c'est sûr !

RErePS: évidemment tout ceci ne vaut que pour une grossesse normale, sans problèmes majeurs...

14/10/2008

Où il est question de magnum...

Ah être prévoyant.... On nous bassine avec ça, il faut prévoir, ordonner, anticiper.

Curieusement, ou pas, j'ai toujours aimé ça petite. Par exemple, j'avais prévu un remplaçant au cas où Mac Gyver et moi, on pourrait pas se marier. S'il avait merdé en concevant un de ses gadgets à base de chewing gums et de ficelle, et qu'il était subitement devenu chauve ( allez savoir pourquoi, ce qui me plaisait le plus chez lui, c'était ses cheveux), j'aurai épousé Thomas. Oui, vous avez bien lu. Thomas Magnum, ses fossettes et ses chemises hawaiennes. Quel homme, hein? Même maintenant, j'en frémis encore.

Bon, ça s'est pas fait ( qui a dit dommage? ), mais je l'avais prévu. Ca m'a servi à rien. Et je m'en rends compte qu'en grandissant ( bon, d'accord en vieillissant), je prévois de moins en moins. Pourquoi ? C'est difficile à dire. Peut être que je suis plus sereine face aux évenements, que je fais plus confiance à ma capacité d'improvisation. C'est pas toujours confortable, mais c'est beaucoup plus libérateur. Oser se dire que non, on n'a rien prévu au cas où , c'est se laisser une porte ouverte, c'est s'offrir un peu d'air frais à peu de frais.

C'est aussi un peu se faire peur, jouer avec un danger potentiel, s'approcher des flammes comme ça, sans avoir l'air d'y toucher. Puis se dire: " même si, je peux le faire, j'en suis capable".

Ca donne une force incroyable.

09/10/2008

L'imposture

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu cette impression. Tenace. De celles qui ne vous quittent pas, de celles qui se rappele à vous dans vos moments les plus noirs, quand racrapotés au fond de votre lit, l’insomnie rougissant vos yeux tel un lapin atteint de mixomatose, vous tournicotez sans fin un chapelet de pensées.

J’ai toujours été une sorte d’imposture. D’abord pour me conformer à l’image de petite fille parfaite, blonde aux yeux bleux, joues rondes et sage comme un e image qu’on attendait de moi.

J’ai donné le change à l’école. J’ai joué à la bonne élève, voire à la première de classe, tout en sachant à quel point j’étais quelquonque, en fait. Des petites filles en robes à volants, il y en avait des milliers. En quoi aurai je été différente?

Peu ou prou, j’ai surnagé au milieu de tout ça, encaissé cette image qu’on voulait bien me donner, tout en ayant une parfaite conscience de ma médiocrité et de mon encensement tout relatif.

Là où on louait mes talents, j’étais gênée de voir à quel point les gens se trompaient. Si j’ai une chose qui fonctionne, c’est que j’analyse très vite les situations. Je m’adapte. Je ne suis pas plus intelligente ou plus douée. Je m’adapte c’est tout. Je comprends vite ce qui marche, ou pas.

Ca n’empêche que toujours, je suis en imposture. Je n’ai aucun talent, et j’ai trop de lucidité pour le croire une seule seconde. Donc je ne comprends pas bien les compliments. J’ai du mal à les recevoir. Je ne vois pas pourquoi ils s’adressent à moi. Parce que je n’ai rien fait pour ça. Je ne bosse pas. Je suis un caméléon, c’est tout.

Et je trompe mon monde en permanence.

Oui, même vous, surtout vous qui lisez.

J’aimerai c’est sûr être capable de mieux, de plus. Je crois aux vertus du travail. Mais j’en suis incapable.

Bien sûr , certains pensent que c’est faux, que je pourrai plus.

Je vous ai eu.

Je suis une imposture.

13:37 Écrit par sand dans me, myself and i | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook |

05/10/2008

Je vole... sans fumée , sans alcool, je vole

Dans la série des trucs qui pourraient me gâcher les vacances, y a l'avion. Enfin, entendons nous bien, pas l'entiereté des vacances, mais au moins quelques heures, et ça, c'est déjà beaucoup trop.

Parce que, bon, les avions, ils m'ont jamais rien fait, mais j'aime pas ça. J'ai peur.

Une grande fille comme moi? Ben voui. Et c'est l'horreur. J'ai beau faire, j'arrive pas à relativiser.

Tout commence quelques heures avant le décollage. L'angoisse commence à faire de drôles de noeuds dans mon ventre, je me mets à ricaner pour rien ( signe chez moi d'une nervosité paroxytique). Alors j'essaie le " think positive" , ( la positive attituuuude, en français), ça marche pas trop sur moi, et carrément moyen sur mon entourage. Je sais pas pourquoi,ce qu'il m'a pris quand  j'ai cru bon d'ajouter après le dernier repas au resto avant le retour, qui était excellent:

" au moins, si c'est le dernier, c'était super.Pas de regrets".

Je n'ai eu droit qu'à un regard mi interrogateur, mi inquièt pour ma santé mentale.Quoi.? J'étais positive, non? 

Le pire moment pour moi? En fait, je sais pas vraiment en isoler un, tellement toutes les étapes me terrorisent. Déjà qu'on commence très fort, avec les hotesses et/ ou stewards, souriants, détendus, qui vous expliquent sans sourciller ce qu'il faut faire en cas de depressurisation, crash ( dans l'eau ou sur terre, faut rien oublier!)..Vient le moment du fameux gilet de sauvetage. Vous croyez franchement qu'il va vous servir à quelque chose ? Oui, il va servir, mais plutôt aux équipes de reconnaissances des corps, ça garde les  morceaux ensemble! Admettons que vous arriviez entier au sol,ou plutôt dans l'eau. Vous pouvez pas le gonfler à l'intérieur. Faut attendre dehors. J'imagine très bien...Ca me stresse comme c'est pas possible toutes ces explications.

C'est comme si avant de traverser la rue, vous aviez un type qui se plante devant vous, vous expliquant les dangers potentiels de ladite action... Vous auriez encore envie de traverser, vous? Moi non?

Et pourtant, plus moyen de reculer. Alors, j'attache ma ceinture, qui me semble un ridicule moyen de protection, mais bon... faut que je me raccroche à quelque chose.Donc, je serre bien, je vérifie trois fois que c'est bien fermé. J'essaie deme détendre. Je vérifie qu'on n'a pas changé les issues de secours en douce. ( Oui, je sais ça sert à rien, mais je le fais quand même, te moque pas !).

Soudain, l'avion accélère, l'avant se soulève. Trop tard, je suis dedans. Plus moyen de se tailler en douce. Une part de moi, celle qui a encore sept ans, s'émerveille des minis maisons, des mini champs de blés, des mini routes, oh tiens, une piscine... de survoler la mer de nuages, cotonneux, jolis, immaculés. Mais mon autre moi, celui qui est adulte, ne peut s'empêcher de penser que si l'avion tombe, il va pas être amorti par cette ouate flottante, il va juste s'écraser comme une merde, et moi avec. C'est vrai quoi, si on tombe, c'est pas deux trois mètres qu'on a sous les pieds. D'ailleurs on n'a rien sous les pieds. Aaaaaargh!

J'essaye de me raisonner.

 " bon, sur les millions de gens qui prennent l'avion, y en a combien qui meurent? Objectivement pas beaucoup. cette compagnie transporte 58 millions de passagers. Combien sont morts? J'ai déjà entendu parler d'un avion de cette compagnie qui s'écrase? Non? Alors, ça pourrait bien être celui ci qui ferait la statistique. Bon bon bon, reprenons. L'hotesse, là, elle a quel âge? La trentaine presque? ( ouais , j'aime bien vieillir les hotesses), elle a déjà du faire un paquet de vol, et là, tu vois, elle est vivante, pas estropiée, rien. Jusqu'à quand?"

J'ai déjà tenté l'alcool. Un verre de vin ou deux, pour la détente. Raté, juste une grosse envie de vomir. Les somnifères me filent mal au crâne, les tranquillisants m'apaisent pas. Bref, j'ai pas encore la solution.

Résultat: j'ai pris l'avion deux fois cette semaine. Je suis vivante. Le seul dommage collatéral, c'est mes ongles. Y en a qui ont soufferts d'avoir été enfoncés trop profondéments dans les accoudoirs du siège à un des attérissages. Les turbulences!

D'ailleurs à propos de l'attérissage: le premier que j'attrape encore à applaudir dès qu'on touche le sol, je lui en colle une. On attend d'être à l'arrêt, complet, pour ça. Des avions qui se crashent au sol, parce qu'ils savent pas s'arrêter, ça s'est déjà vu...

09:48 Écrit par sand dans me, myself and i | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : avions, phobie |  Facebook |