30/09/2008

l'excuse du second degré

Il  y a des mots comme ça, derrière lesquels on se réfugie, on se camoufle. Des mots qu’on utilise à bon escient ou pas, de ces mots dont les définitions changent à chaque personne qui les utilise.

Le second degré, le fameux, c’est quoi au fait? Il ne suffit pas de dire quelque chose qu’on ne pense pas, mais encore de le faire sentir aussi, en utilisant l’exagération ou l’antiphrase. C’est une forme d’humour, qui, comme toutes les formes d’humour, est fragile et ne souffre pas de l’approximation.

C’est pour ça qu’il est si difficile à manier. Ecrire un texte, même en le désirant de toutes ses forces second degré, ne suffit pas, … Il est impératif qu’il soit perceptible et compréhensible par le plus grand nombre. Se poser des questions sur le second degré éventuel d’un texte, c’est lui nier la possibilité d’en avoir justement.

Tout le monde n’est pas capable de s’en servir, et parfois il faut l’accepter, d’autant qu’avec certains sujets, c’est plutôt délicat. On aurait vite fait de vous traiter de snob, ou pire de raciste, pour une blague mal perçue, même si vos intentions de départs sont plus que louables.

Si je voulais faire du second degré, je pourrais vous dire que je me fiche totalement de vos avis et que je n’en ai cure si on ne me lit pas.

Un autre mot à manipuler avec précaution, c’est l’ironie. Où comment se faire détester parfois alors qu’on voulait juste être drôle. Parce que l’ironie poursuit un peu les mêmes buts que le second degré, faire réagir en opposant des vues complètement différentes de ce que l’on pense. Ce qu’elle posséde peut être en plus, c’est cette notion de critique, que le second degré possède moins…

Dans le but de faire réagir, on dit ou on s’autorise à dire des horreurs. Encore une fois tout l’art est dans la finesse du pouvoir de suggestion. Parce qu’une remarque ironique mal placée pourra vous occasionner moultes désagréments.

Elle utilise l’antiphrase, l’exagération, ( ou hyperbole), la parodie…

Je suis allée au MC…..o, c’était un grand moment de gastronomie.

Les chansons  de Christophe Maé, c’est quand même des bijoux littéraires.

Pourquoi je vous parle de ça?

Parce que de plus en plus, on veut les pratiquer, on s’en réclame, parfois on se cache derrière, on tente des sorties parfois nauséabondes, puis si ça ne marche pas, on tient l’excuse toute prête: ” c’est du second degré”, ” c’est de l’ironie”… ben tiens !

Du moment qu’ils sont mis en doute ce n’en est plus. N’oubliez pas, les paroles s’envolent, les écrits restent( même s’ils ne traduisent pas notre pensée), ils sont là, des armes qui pourraient bien nous revenir en pleine face un jour ou l’autre.

A bon entendeur…

08:15 Écrit par sand dans me, myself and i | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : je dis crotte |  Facebook |

29/09/2008

la loose !

En vacances, c'est bien connu, tout est permis, même de porter ces jolis talons que, non décidément, on ne porte jamais pendant l'année... Alors dans un élan d' enthousiasme , on se décide à les enfiler. Robette qui va bien, peau bronzée, seins projetés fièrement en avant, mollets galbés, bref une femme sûre de son pouvoir de séduction est née.

Ladite femme , d'un pas altier et sauvagement sexy, se rend alors au bar... No problem, bon c'est vrai, c'est pas super confort, mais l'homme apprécie visiblement et rien que pour ça, ça vaut le coup. Nous voici donc installé au bar, commandant un de ces jolis cocktails avec parasol fluo, et tout va bien. En prime, il est bien plus pratique et élégant de s'asseoir sur un tabouret avec 10 cm de plus... nous devisons,fort agréablement.... Je me sens belle, sexy et infiniment désirable...

Puis pour un motif que je n'expliquerais pas dans le détail ici, mais que vous comprendrez aisément après les quelques cocktails, il me faut me lever, fastoche suis déjà presque debout et avancer vaillamment vers le saint graal, ...

Et là, enfer et damnation, une marche de 10 cm est venue pousser là subrepticement pendant que j'étais au bar, sans me prévenir... Evidemment mes pieds perdent leurs repères, ce qui a pour effet immédiat de me faire plonger en avant et dans un effort désespéré, d'attraper la clenche de la porte pour un sauvetage digne d'alerte à malibu. Las, la distance est mal calculée et je tombe, ou plutôt je me vautre littéralement sur mon pouce gauche.

Tous les regards se tournent vers moi, j'essaie de me relever dans la dignité, mais va rester digne avec un talon cassé . Un grand sourire s'affiche sur ma figure, garder bonne figure, du moins essayer.... Mon pauvre pouce est bleu shtroumph, et doublé de volume.... ça n'est plus au top de la glam, tout à coup...

La seule solution, la fuite en crabe, et un grand moment de solitude en perspective.

Bilan: un talon et un pouce cassé, et un potentiel sexyness réduit pour un moment.

Moralité: talon ou boisson faut choisir, on ne sait jamais qd un obstacle aura décidé de vous barrer le chemin

28/09/2008

I hate musicals

J’adore le cinéma. J’adore la musique. Mais les deux ensemble, je peux vraiment pas. Avec la sortie de Mamma mia, je me sens mal. ( et dieu sait que j'adore Abba)Moi, j’ai juste envie de crier Stop ( the music).

Parmi les 10 commandements de la Comédie musicale, il y en a un d’absolument impératif : en avant la musique! Elle doit être partout présente,pour des chansons d’amour ,qui veulent nous démontrer la mélodie du bonheur. De toutes façons, on connait la chanson. Les héros swinguent, valsent, nous offrent un grand cabaret .

Et ça, ça m’agace. Je ne comprends pas que certains débordant d’une joie communicative et exaltée, aie envie de trainer leurs comparses dehors pour leur dire ” chantons sous la pluie”…Perso, j’ai pas trop envie de pousser des vocalises quand j’imagine mes jolieschaussures trempées, crottées… Parce que dans les films musicaux, les rues sont troujours impecc’. Manifestement, on ne fréquente pas les mêmes.

Les comédies musicales sont souvent d’une simplicité enfantine. Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil… Et puis un grand méchant survient, fiche un peu de bazar, ça crie, ça pleure, ça chante ( qui l’eut cru), puis finalement, tout est bien dans le meilleur des mondes.

Parmi les passages obligés, il nous faut de la donzelle, de la meuf:une  jolie fermière, une belle de Moscou , bref des girls,des demoiselles ( de Rochefort),  gigi,qu’importe qu’elles soient huit femmes, ou à l’instar de Mary Poppins, une qui en  vaut plusieurs  et qui constitue une des composantes essentielles de l’histoire.

Malheureuse, seule ou pas,belles belles belles, peut être avec une drôle de frimousse, une fair lady a besoin d’un homme à ses côtés. Qu’il se prénomme Tommy, ou Oliver, qu’il soit Américain à Paris, Don juan ou pas,c’est avec lui qu’elle veut goûter à la fièvre du samedi soir.

Evidemment quelque soit les dangers rencontrés,autant en emporte le vent ,même aux tréfonds  de la terreur comme dans un rocky horror picture (show), s’il faut livrer des combats de gladiateurs, ou devenir un soldat rose,à la fin tout le monde dit i love you et s’embrasse, mais pas sur la bouche.Faudrait voir à sauvegarder son public familial !

On édulcore, on patine de musique, et si parfois elle est excellente,  teintée de  Blues ( brother), c’est irritant.

Imaginez, chéri et vous dans une situation banale. Vous lui demandez s’il compte passer à la boulangerie, et là: il vous chante les pains au chocolat…

Ou bien, rendez vous chez le psy, il vous parle, et puis d’un coup, sa sécretaire arrive, et en vous désignant: She’s a maniac, maniac…..

Au secours!

Parce que c’est souvent comme ça: on sait qu’il va y avoir de la musique, mais quand? Alors on attend, les ongles rentrant dans le cuir du fauteuil, crispés, prêts à fuir …

Les dialogues font juste office de remplissage, donc il ne faut pas s’attendre à de hauts échanges intellectuels, ou même à un peu d’humour ciselé.Et c’est peut être ça qui fait tout ce que je n’aime pas dans les comédies musicales: c’est entre chèvre et chou, entre deux mondes, qu’il s’agisse d’un coup de foudre à Bollywood ou à Xanadu.

On nage un peu en plein délire.Rien de vraisemblable, tout est surjoué, tout est amplifié. On vous dit” grease “pour maintenir un sourire artificiel et parfait durant le temps du Show.Puis les lumières s’éteignent. Les acteurs soignent leurs cordes vocales.

Vous avez passé deux heures scotchés devant ces héros , vous les avez écouté chanter, sans même plus savoir où vous habitiez…Le rideau se ferme.

Une petite voix dans votre tête chantonne doucement.

j’aurai voulu être un artiste, pour pouvoir faire mon numéro”

Par la sainte trinité Garland Astaire Rogers, ils m’ont eu…..

27/09/2008

un bout de moi

J’aime me lever la première, me faire un café, noir, brûlant, sortir et le boire dehors, quand il fait doux. J’aime penser que je vais aller bosser avec l’homme. Je n’aime pas les cinq minutes qui suivent où je me rappelle qu’au boulot y a aussi ma belle mère.

J’aime glisser mon visage dans le cou de mon fils, quand il est tout chaud de sommeil. J’aime quand à demi éveillé, il me tend les bras pour me faire un câlin. Je n’aime pas  penser que bientôt tout ça ce sera des souvenirs, et qu’il ne voudra plus de ces instants là, alors je ferme les yeux.

J’aime marcher pieds nus dans l’herbe, sentir les brins  entre mes orteils, la fraicheur. Je n’aime pas quand il y a ces vicieuses de fourmis rouges, ou que le sol est trop froid.

J’aime le mois de Septembre, parce que c’est bientôt l’automne, le retour des pulls doudous, des bottes, des feuilles qui tombent, de leurs  couleurs flamboyantes. Je n’aime pas quand le soleil qu’on n’a pas vu de tout l’été, s’invite alors que j’étais si contente de porter bottes et collants. Je n’aime pas septembre parce que c’est le mois de mon anniversaire.

J’aime déguster un bon vin, qu’importe sa couleur, partager ce plaisir, avec l’homme, ou des amis. J’aime voir pétiller leurs yeux, s’animer les conversations, voir les verres qui se remplissent. Je n’aime pas être déçue par une bouteille bouchonnée, ou un vin qui manque de caractère.

J’aime vieillir. J’aime savoir par quoi je suis passée et que tout ça m’a rendue plus forte. Je n’aime pas l’idée que je vais mourir un jour. Pour quoi faire ?

J’aime essayer de faire un autre bébé. Je n’aime pas me rendre compte mois après mois qu’on n’y est pas encore. Mais j’aime réessayer.

J’aime aller chercher mon fils à l’école, à pied. J’aime qu’il soit dans une petite école de village, avec un jardin. Je n’aime pas l’idée que peut être cette école va fermer, faute d’élèves.

J’aime mon boulot, j’aime conseiller les gens, les aider à choisir. Je n’aime pas ceux qui me prennent de haut, parce que je suis une femme, et demandent à être servi par mon mari.

J’aime me balader dans les vignes. J’aime sentir la terre entre mes doigts. J’aime me promener dans les cuveries, dans les chais. J’aime savoir comment on fait les vins. J’aime rencontrer les gens qui sont derrière. J’aime rêver qu’un jour, moi aussi j’en ferai. Je n’aime pas chiffrer  ce rêve là.

J’aime chanter dans le tuyau d’aspirateur, j’aime improviser une danse avec le monstre, j’aime écouter Indochine en faisant la vaisselle. Je n’aime pas casser des assiettes parce que trop emportée par le rythme.

J’aime être mère. Je n’aime pas ma mère.

J’aime découvrir, lire, m’émouvoir. J’aime imaginer les gens qui se cachent derrière ces mots. Je n’aime pas arriver à la dernière page du livre, puis le fermer.

J’aime le début des histoires, je m’en délecte.

Je n’aime pas le mot : fin.

08:30 Écrit par sand dans me, myself and i | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : gem gempa |  Facebook |

26/09/2008

Ta ta ta ... tag !

Bon, j'ai déjà eu ce tag ( m'inerve...) mais comme je suis vraiment trop gentille, je vais le faire quand même, n'est ce pas ma belle hélène , donc on va la faire courte:

Donc faut quoi faire?

  1. citer la personne qui vous a tagué et mettre un lien vers son blog ;
  2. indiquer le règlement du jeu ;
  3. ouvrir un livre que l'on aime à la page 123 ;
  4. recopier à partir de la cinquième phrase et les cinq phrases suivantes ;
  5. indiquer le titre du livre, le nom de l'auteur, de l'éditeur, ainsi que l'année d'édition ;
  6. taguer 4 personnes dont vous souhaitez connaître les lectures et les avertir sur leur blog.

Bon alors, j'ai piqué au hasard un bouquin, et les choses sont bien faites, celui ci je l'ai dévoré.

"je me pris à  chercher à en savoir plus sur les plats de côtes, sans doute parce que j'en savais si peu à leur sujet , même si j'aidais désormais Elisa à les préparer chaque semaine et que j'étais conscient de leur fantastique ubiquité: pratiquement tous les restaurants qui prétendaient à un certain standing à New York ( semblent en proposer à leur menu-à vrai dire, ils y figurent depuis quinze ans)"

Ca s'appele Chaud Bouillant, de Bill Buford, Christian Bourgeois, 2007

Je taggue:

bio c'est vrai ça, qu'est ce qu'elle lit, bio?

pomme fraise: curieuse de voir ce qu'elle aime, après l'avoir déjà un peu découverte dans tout son amour pour ses singes

val ce serait un comble, vu son boulot, qu'elle ne lise pas...

mémere qui fait des photos et pas que... on a déjà une grande passion commune, alors...

25/09/2008

Je me dévoue pour la grande cause de la musique

 

Pourquoi est on passé à côté de ça? des fois je m'interroge sur le bon sens de la production musicale, où des chansons parfaites, paroles excellentissimes d'intelligence et clip à la réalisation lèchée, passent à la trappe... C'est trop dommage, vous êtes d'accord? Alors on va réparer ça...

Madame, c'est à vous:

 

 

Attention, ceci est un moment de pure connection avec les étoiles:

 

Admirez la prestance, la classe du smoking, on n'en fait plus des comme ça...

Vous avez aimé, hein?

 

Je sais. Que c'est mal. Que c'est contre mes principes. Mais j'attends son appel, je scrute mes mails environ toutes les six secondes et demie.  Je ne peux pas m'en empêcher. Sa peau, hier. Son odeur, ses mains. J'y pense tout le temps.

Et je ne réalise toujours pas: j'ai un amant. J'ai besoin de me le répeter à voix haute, moi la fille soit disant incorruptible, pétrie de morale, celle pour qui le mensonge était la plus abominable des trahisons.

J'ai un amant. Réellement, physiquement. Jusqu'à présent tout ceci était une relation ludique, pleines de sourires, de sous entendus de plus en plus poussés, de complicité. Je me délectais de voir son désir, j'exprimais le mien, mais tout ça n'était qu'un jeu. Pas envie, pas besoin d'aller plus loin.

Jusqu'à hier.

On ne joue plus.

Je ne sais pas quel a vraiment été l'élément déclencheur, comment mes lèvres se sont mises à embrasser les siennes, comment mes mains se sont mises à le parcourir, comment nos peaux se sont trouvées.

Toujours est il que le résultat est là: exceptionnel et banal.

J'ai couché avec lui. C'était bon, comme ça ne l'a plus été depuis longtemps. J'ai eu envie d'être vraie, j'ai été libre, je n'ai pas triché, je n'ai rien maquillé. Ca m'a bouleversé.

Quand nous nous sommes rhabillés, j'ai croisé mon regard dans le miroir. Mis à part un peu de rimmel qui coule, et mes cheveux en bataille, rien ne laissait supposer une transformation.

C'est toujours moi .

Pourquoi je l'ai fait? Je ne sais pas au juste. Je n'en suis pas amoureuse, il est tendre, drôle, gentil. Il me désire, il me veut, ça booste ma confiance en moi, je me sens sexy.

Evidemment, il a fallu expliquer à l'homme de mes jours pourquoi je rentrais tard, pourquoi je n'avais pas appelé. Je ne veux pas lui faire du mal, parce que je l'aime. Encore. Plus que je ne l'aurai cru. Alors quand je me suis couchée dans notre lit, lui plein de tendresse et de compréhension à mes côtés, le légitime, celui avec qui je partage bien plus qu'une après midi de baise... j'ai pleuré. De grosses larmes. Rondes et molles sur les draps de coton. Il m'a serrée dans ses bras, sans mot dire.

Le sait il?

C'est lui. C'est mon amant.Il vient de m'envoyer un mail. Si je l'ouvre, je sais ce qui va se passer. Il me donnera rendez vous, dans un bistrot sympa de son quartier, puis on se rendra chez lui. Il ouvrira une bouteille de Jurançon, il nous servira un verre. Puis on se jettera l'un sur l'autre. Les verres s'entrechoqueront en tombant sur la moquette. Peut être que je me couperai sans le sentir.

Mais c'est sûr, commencera une relation dont je ne suis pas sûre de vouloir, faite de rendez vous en catimini, de mails fugaces échangés, de jalousie, de sexe, de mensonges, de plaisir, de souffrance, de désir.

La petite icône clignote. Elle m'appele.

Vais je l'ouvrir?

14:58 Écrit par sand dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |