15/10/2008

Non, tu n'es pas malade....

Je sais pas ce qui se passe pour le moment, mais on voit fleurir de tous côtés un paquet d'articles tournant autour de la maternité et de ses affres (enfin, j'ai bien une théorie, mais bon... t'as deux heures à me consacrer, là tout de suite ? nan? on va faire sans alors...). Tout ce que je lis depuis, c'est des avertissements horribles et horrifiés, des mises en gardes contre les monstruosités de la grossesse et de l'accouchement.

Et là, les filles, j'ai envie de vous dire stop.

Parce que trop, c'est trop. Entre l'angélisme béat de la naissance merveilleuse et sans douleur, et le film gore à petit budget, il y a un monde. Un monde de nuances. Pourquoi faut il à ce point maintenant démonter une par une les monstruosités de la maternité? En réaction à un discours un peu trop lissé qu'on nous a présenté trop longtemps?

Et si la première cause de cette mise en scène, ce n'était pas les femmes, elles mêmes? Parce que vous aurez toutes remarqué. Une femme enceinte, même de trois semaines, du moment qu'elle a conscience de l'être, ça se voit. Tu ne peux pas faire autrement. Typiquement, les pointes de ses pieds se dirigent vers l'extérieur, sa main se pose sur son ventre, son bassin se pousse en avant, et elle souffle... Bah oui. Objectivement, elle n'a pas de raisons.

Mais on lui a toujours répété qu'une femme enceinte, c'est fragile et fatigué, bla bla. Alors comme c'est un rôle qu'elle ne devrait pas jouer trop souvent, elle s'applique. Il faut les rentabiliser ces neufs mois, il faut profiter. ( je sais, c'est paradoxal, mais une bonne femme enceinte doit avoir des nausées, être de mauvaise humeur, avoir mal au dos, aux pieds, des poussées d'hormones qui la rendent infernale, déprimée ou agressive et des envies subites).

Tu comprends, dans la tête de la femme enceinte, se passent de drôles de trucs. C'est un peu comme quand t'as ton premier amoureux. Tu voudrais que ça se voie sur ta figure que tu l'as embrassé (avec la langue). Mais tu te dis que si tu le cries sur tous les toits, ça fera pauvre fille. Alors tu te tais et t'espères qu'on remarque. Tu mets du gloss. Dans ton cas, le gloss sert à rien, mais un t-shirt à message ( genre" garçon ou fille") si. Alors tu le portes. A deux mois de grossesse.

Avec tes copines, celles qui ont déjà vécu l'expérience, tu papotes. Bien sûr, t'as un peu grossi. Tes vergetures, t'en avais déjà, donc ce n'est pas si grave. T'envisage moyen de t'enduire de sperme de caribou comme recommandé par cop n° 1, qui en est à son troisième moutard.

A 6 mois, t'es en pleine forme. Seulement voilà, tu n'oublie pas. On te plaint. Tu fais la petite chose fragile, c'est si bon d'être au centre de l'attention, de se faire dorloter. Pour peu que t'aies gardé un minimum d'activité physique, tu te sens bien. Exclu: t'es pas obligée de vivre dans un cocon ouaté, tu peux même bouger un peu (marche, piscine, etc.)... Ce n'est pas beau ça ?.

Puis un jour, tu perds les eaux. Et ça fait pas mal. Effectivement, après ça se gâte un peu. C'est clair qu'entre expulser un paquet d'environ trois kilos cinq cent d'entre tes cuisses, et une promenade au clair de lune, le choix est vite fait. Seulement, t'as pas le choix. Je te passe les détails, mais je vais te dire un truc. Ce qui souffrira le plus et s'en souviendra le plus longtemps, c'est ta pudeur.

Mais sur le coup, tu t'en fous un peu. Faut dire que t'as autre chose à penser. (et au passage, oubliez la respiration du  petit chien, c'est bon dans les films, pas dans la réalité). T'entends un truc qui hurle. T'aurai pas cru, mais là, c'est juste le plus beau son que t'aie  entendu. D'un coup, tu débordes d'amour (au point que t'en oublierai d'expulser ce fichu placenta...).

Puis tu rentres chez toi. Si t'as de la chance, accompagnée. Et tu réalise que c'est lui qui t'a aidée à l'avoir ce bout' chou. Dans tous les sens du terme. Et tu l'aimes.  Evidemment, tu ne peux pas tout de suite lui montrer. Mais t'es pas obligée de monter sur le grand huit tout de suite, partager une barbe à papa, c'est bien aussi.

Résumons donc: être enceinte, c'est pas une maladie. C'est juste un truc naturel et qui finit par passer, comme les crises d'ados. Un délicieux moment d'égocentrisme. Accoucher, bien sûr, c'est pas du tetris niveau easy. Mais c'est à la portée de tout individu de sexe féminin (ouais, la nature quand même, c'est quelque chose). Bien sûr, après c'est pas uber fun tout de suite, vu que tu as ce qu'on appele les suites de couche ( pertes abondantes, mais en gros c'est comme si t'étais réglée, un peu plus longtemps que d'hab.'). Mais c'est normal, vivable. Pour autant que tu ne te prennes pas le chou pendant 107 ans.

PS: Si t'as jamais eu de nausées, ni d'insomnies, ni mal au dos, ni d'envies idiotes, .... te tracasses pas. T'es enceinte quand même. Suffit d'attendre un peu, tu verras que j'ai raison.

rePS: spécial dédicace à Zan, qui sera une maman du tonnerre, c'est sûr !

RErePS: évidemment tout ceci ne vaut que pour une grossesse normale, sans problèmes majeurs...

Commentaires

Hello
Skynet m'a proposé ton blog au hasard. Je ne suis pas enceinte, mais j'ai beaucoup aimé ce post, c'est vrai, ça m'agace un peu ces femmes qui disent ne plus pouvoir porter un bête sac de commission, ou prétendent avoir des idées fixes de glaces à la menthe.
Belle soirée!
Titemel

Écrit par : Titemel | 15/10/2008

Joli Sandrine ! voilà exactement ce que j'aurais dit moi même. Et je m'y connais, j'en ai eu 3 !
Je n'ai jamais eu autant la pêche que lorsque j'étais enceinte.
Pas de nausées, pas de crises particulières (à part des furieuses envie d'escargots et de sardines), des accouchements dont on oublie instantanément tous les inconvénients tant le coeur se gonfle à la vue du petit bout qui atterrit comme par magie sur notre ventre !

Moi, j'ai pleuré à chaque fois, de bonheur !
Vraiment, si c'était à refaire, je dis oui de suite.
Je n'ai jamais connu plus grand bonheur que de mettre au monde mes enfants.
Quant à les porter, je savourais tout : le ventre rond, les mouvements tout doux du bébé à qui on attrape un pied ou un bras et qui répond à nos caresses.
Comme tu le dis si bien, la pudeur, de toute façon, on n'a pas le choix et en plus, on s'en fout, on ne les reverra plus jamais ceux qui nous ont rendu visite !

Écrit par : Pomme | 15/10/2008

titemel: au plaisir de te revoir ici, alors ;)
pomme: j'ai adoré être enceinte....

Écrit par : sandrine | 15/10/2008

j'étais tellement normale enceinte que j'en ai pas assez profité
peur d'y croire
peur d'être déçue
et aussi parce que j'estime aussi que c'est un état naturel qui passe comme tout
à peine une nausée sur 3 ans de grossesse
j'ai refusé les conseils de lever le pied
je vivais
je vivais comme avant
quelques désagréments, en plus
mes maternités ont commencé lorsque deux - trois heures après l'accouchement, lors de nos premiers têtes à têtes, rien que lui et moi
à chaque fois, le coup de foudre
parce que c'était lui
parce que c'était moi
pour chacun, je ne regrette aucune des épreuves
je te souhaite de vivre encore cette période ...

Écrit par : pommefraise | 15/10/2008

Sand t'es la meilleure (hey t'as même pas parlé des balafres de couleur avec le soleil là :p)
Bon si un jour je tombe enceinte (y'a pas de raison après tout) je relirai cette article en boucle tous les jours. Et je plussoie pour Zan, tu seras une maman de la mort qui tue !

Écrit par : Netzah | 17/10/2008

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